Aspirations

Download PDF

Cela fait maintenant un peu plus d’un an et demi que je me prépare à faire des cyclosportives du type Ariégeoise, Ardéchoise ou autres.

Je progresse c’est certain et le plaisir de rouler est toujours là !

Je roule plus vite, plus longtemps. Les sorties club m’aident énormément et m’apportent ce petit plus (mental certainement) qui m’incite à faire l’effort supplémentaire (technique et/ou physique) à l’entraînement qu’il est difficile de réaliser seul.

A côté de ces sorties club, bien souvent dominicales, je roule aussi seul. Lorsque c’est le cas, je roule avec deux objectifs :

  • travailler la technique
  • travailler des exercices spécifiques

Le simple fait de rédiger ces quelques lignes me fait penser que depuis mes débuts sur le vélo, ma pratique a grandement changé.

Sortie en Beaujolais avec Sylvain
Le vélo entre amis comme je l’aime

Au départ je roulais principalement pour continuer à faire du sport (j’étais en convalescence suite à une blessure alors que je pratiquais un autre sport) mais aussi sentir le soleil, le vent,… Toutes mes sorties étaient tournées vers le plaisir de rouler. Aucune notion de vitesse, de chiffres type fréquence cardiaque,… Juste la route et moi.

Lorsque je grimpais les cols dans le Beaujolais, je prenais le temps, j’appréciais le moment à sa juste valeur. J’aimais me retrouver seul au milieu d’une petites routes en pleine nature, sans un bruit,… J’aimais cette sensation de me sentir seul au monde.

2011, Le Ventoux : heureux d'y être tout simplement !
2011, Le Ventoux : heureux d’y être tout simplement !

Dans ma nouvelle région je n’ai pas de grosses côtes à ma disposition mais il y a pas mal de petites montées bien sympathiques et j’aimerais pouvoir en profiter comme j’en profitais du terrain dans le Beaujolais.

Il me semble qu’avec le temps, je suis passé à une pratique du vélo plus encadrée, plus « stricte » et surtout plus rigide calculée du vélo. Je me suis mis en club (ça c’était déjà le cas dans le Beaujolais au Vélo Club Limas), j’ai commencé les cyclosportives et j’ai suivi ce qui m’était présenté par tout un écosystème, celui des professionnels du cycle, des magazines de vélo,…

2010 - Le Vélo c'est aussi en famille
2010 – Le Vélo c’est aussi en famille

Je me suis donc équipé en conséquence, investi beaucoup de temps et un peu d’argent dans des équipements haut de gamme (il faut quand même relativiser). Je ne dis pas que je le regrette. Bien loin de moi cette idée mais est-ce bien ce que je recherchais à l’époque ?

Quoi qu’il en soit, je réussis à identifier deux raisons à ce changement de pratique :

Et oui, l’agrandissement de la famille (2 enfants ça compte) fait que je n’ai plus autant de temps pour moi et donc entre autre chose pour rouler. C’est bête à dire mais il y a des fois où j’ai quelques scrupules à partir rouler comme ça, sans autre but que de prendre une grosse dose de plaisir et profiter pendant que ma femme travaille à la maison pour l’ensemble de la famille…

2012 - L'étape du tour : un échec
2012 – L’étape du tour : un échec

Je me suis donc tourné vers un entraînement où il me fallait tout optimiser (tel que je l’ai connu dans d’autres sports). Je n’ai éliminé qu’une petite partie du plaisir que j’éprouvais initialement. Ce plaisir a été remplacé par une volonté d’optimisation du temps passé sur le vélo et une volonté de progresser le plus vite possible (et oui, l’esprit compétiteur est encore présent Wink ).

Enfin, je crois que c’est le facteur de changement le plus important : l’influence du monde du vélo qui m’a fait le plus modifier ma façon de rouler. Avec le temps j’apprends, je découvre le monde du vélo. Un monde où la technologie est partout, les évolutions de matériel sont constantes,… Je crois que je suis tombé dans le « piège » de l’optimisation du matériel et de l’entraînement,… Le plus bel exemple d’influence du monde du vélo (et peut être celui qui a été révélateur pour moi) a été la réponse du vélociste de Villenave D’Ornon pour son inclinaison à vouloir me vendre des roues MAVIC C40. Bref le monde autour de moi évolue tout le temps et je pense qu’avec l’envie d’investir dans du matériel de plus haute gamme, j’ai pas mal subi le marketing mis en place par les marques (suis le seul ?).

Aujourd’hui, mes filles grandissent et deviennent de plus en plus autonomes et j’ai investi dans du matériel de bonne facture. Là encore la vie de tous les jours change évolue et en bon humain je m’adapte. J’ai un peu moins de scrupule à partir sur le vélo (je m’entraîne souvent mais je compte un peu moins le temps). J’ai du matériel qui correspond à mon besoin (plus la peine d’investir). Je commence à reprendre beaucoup de plaisir à rouler d’autant plus que mes performances vont en augmentant malgré l’âge qui avance. Cette progression me permet d’atteindre un volume d’entraînement correct sans passer trop de temps sur le vélo.

Avec toutes ces évolutions j’ai été amené à me poser les questions suivantes :

  • Est-ce que je veux être un représentant des marques avec le dernier matériel à la mode ou avoir le juste matériel correspondant à ma pratique ?
  • Est-ce que je veux encore courir après la performance ou tout simplement me faire plaisir sur de belles épreuves ?
  • Vais-je culpabiliser de laisser la famille pendant une journée complète pour aller rouler ?

Ces réflexions m’amènent revoir un peu mes priorités et/ou aspirations en matière de cyclisme.

2011 - Les filles à vélo
2011 – Les filles à vélo

Je souhaite transmettre ma passion du sport à mes filles et ça c’est déjà en cours. Elles adorent les sorties en vélo et pratiquent un autre sport de manière régulière. Ma femme s’est mise au vélo et commence à aimer ça. C’est cool, dès que nous avons des moments où nous n’avons pas les filles à garder, nous pouvons partager une sortie comme ça nous est arrivé cet été.

Une chose est sûre, c’est que je veux garder cet esprit libre et surtout retrouver ce plaisir simple de sortir le vélo rien que pour aller rouler sans objectif de temps, de fréquence cardiaque,… Je veux retrouver ce qui a fait que j’aime le sport cycliste. Retrouver le truc qui me fait agir comme çà :

2012 - Dur dur l'entraînement
2012 – Dur dur l’entraînement

L’année qui arrive va certainement être orientée vers le plaisir de participer à de belles épreuves et surtout le plaisir de rouler et partager des moments avec ceux que j’aime. Un autre élément de l’année 2015 sera un investissement moindre dans le vélo car j’ai déjà pas mal de connaissances, de matériel,etc et je pense que mon petit niveau d’amateur ne nécessite pas un investissement plus important. Je garderai toutefois un œil vers les évolutions du matériel (mon côté technicien peut-être ?).

Je suis assez curieux de connaître vos impressions à la lecture de cet article afin de voir si je prends conscience d’une chose qui était connue de tous ou si c’est un phénomène plus général et que nous sommes plusieurs à partager ce sentiment de « manipulation » via le marketing ?

5 réflexions au sujet de « Aspirations »

  1. t’inquiétes pas, en matière d’obsession/addiction/parano matos, tu dois en être à un stade très léger… je dirais 2 ou 3/10 par rapport aux cas les plus extrêmes que je connaisse (je me mets dedans). donc c’est pas inquiétant, pas encore, car le pire reste à venir Smile

    1. Salut Olivier,
      Tu me rassures Wink
      Je n’ai plus rien qui fait du bruit sur aucun de mes vélos. Donc maintenant les achats seront pour remplacer une pièce, un vêtement,… qui sera usé ou alors pour me faire plaisir avec un matériel donné.
      J’espère que tu n’es pas malade (c’était mon cas cette semaine) et que tu peux rouler.
      ++
      Laurent

      1. nan moi je suis tombé un pau malade (juste enrhumé) quand j’ai arrêté de rouler mi-octobre… comme quasiment chaque année d’ailleurs. j’imagine qu’en absence d’activité le corps se relâche et tu chopes le moindre truc qui passe.

        l’hiver est arrivé ici, ça fait une semaine qu’il fait froid. mais ça n’empêche pas de rouler, surtout en forêt.

        bon weekend !
        oli

  2. Laurent, je trouve que tu oublies un détail, c’est le plaisir de s’offrir un nouvel équipement, une nouvelle paire de roues, etc … En ce qui me concerne ça reste un plaisir d’acheter un nouvel équipement. Certes tu as raison, est-ce qu’à notre niveau, on en a besoin. J’ai envie de dire non, c’est juste par plaisir.

    Ta réflexion est intéressante car je pose de temps en temps les mêmes questions, mais pourquoi partir faire 3 ou 4h de vélo alors que l’on pourrait passer du temps à la maison à jouer avec ses enfants, profiter de sa femme. Pourquoi aller braver le froid, uniquement pour faire des courses de village avec comme lot du jambon !

    Je pense que l’on fait tout ça par plaisir et parce que le vélo c’est notre passion, notre moteur et notre bien être ! Si tu n’étais pas cycliste, est ce que tu serais ce que tu es aujourd’hui peut être pas !

    J’aurais du faire de la philo !

    1. Salut Nicolas,
      Tu es un grand philosophe Wink
      Oui je suis d’accord avec toi. On peut se faire plaisir en achetant un composant spécial mais pour le moment c’est plutôt la maison et la famille qui passe avant le vélo.
      Oui tu as raison, on fait tout ça pour la passion du vélo (sinon comment expliquer qu’on roule dans le froid, sous la pluie,…)
      A mon tour d’être philosophe : Est-ce que je suis ce que je suis parce que je suis cycliste ou est-ce que je suis cycliste parce que je suis ce que je suis ? Wink

      PS : tu as 6 heures avant de rendre la copie (ah mince, je ne suis pas prof Wink ) !

Laisser un commentaire