Auto-analyse d’un cycliste ou “pourquoi rouler ?”

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interrogationC’est une question qu’on me pose souvent et que parfois je me pose aussi. Et oui, il m’arrive de me demander pourquoi je fais les choses et je remarque que les raisons évoluent au cours du temps.

Cette question est récurrente parmi l’ensemble des blogs et journaux que j’ai l’occasion de consulter.

Nous – les cyclistes – avons quasiment tous à peu près les mêmes réponses. Ça donne des trucs du genre :

Depuis mes débuts, je réponds que j’aime le sport, que de rouler m’apporte beaucoup de plaisir, que ça me calme,…

Tout cela est vrai et peut-être même vécu, assumé,… Mais est-ce réellement LA source réelle de mon envie/besoin de rouler ?

Cette période socialement troublée me fait m’interroger sur les choses importantes de la vie, la profondeur de mes pensées, de mes actions,… En gros qu’elles sont les raisons, les vrais, qui me poussent à vivre, agir. Les choses que je prenais et prends toujours pour acquises sont-elles aussi importantes qu’elles ne me le paraissent et surtout aussi acquises qu’elles ne le paraissent ?

Beaucoup de questions “philosophiques” qui touchent à ce que je suis et aux raisons pour lesquelles je suis et vis comme ça !

Mon éducation

Comme pour chaque homme, mon comportement est conditionné par mon éducation et tous les événements que j’ai pu rencontrer ou vivre lors de mon existence.

J’ai été élevé dans une famille de sportifs où l’effort physique, la constance, le dépassement de soi et le travail constituent des choses importantes, pour ne pas dire primordiales, de la vie. Mes parents considèrent que le sport constitue une école de la vie c’est donc tout naturellement que les valeurs du sport sont miennes aujourd’hui. J’y puise les ressources qui me permettent d’affronter les aléas de la vie, l’énergie nécessaire pour le travail, le calme nécessaire pour éduquer mes enfants,…

Après avoir fait bien des sports (en club, en vacances,…) et avec l’âge je retrouve dans le cyclisme un sport où je peux développer/mettre en pratique toutes les valeurs auxquelles je crois tout en préservant mon physique (le cyclisme n’est pas un sport traumatique).

Ce que je suis

Lorsque j’ai découvert le cyclisme, je pratiquais des sports beaucoup plus violents (au niveau cardiaque, musculairement et plus généralement physiquement). Ces sports me permettaient de  canaliser mon énergie, de me fatiguer, etc…

Ne pouvant plus pratiquer ces sports, j’ai décidé de me mettre au vélo sans savoir si ce sport allait me convenir. Je n’imaginais pas le type d’effort que ça représentait. J’avais l’image du cycliste assis sur la selle qui monte les cols comme une mobylette en tournant les jambes Laugh . Je doutais de trouver un sport où je pourrais me dépenser, défouler,… mais j’ai essayé !

Et bien cela fait maintenant 6 ans que je roule et je ne pense pas que je vais m’arrêter. Le cyclisme me correspond parfaitement. De la constance pour progresser, de la souffrance mais du plaisir dans cette souffrance (je sais c’est paradoxal mais c’est comme ça). J’ai peut-être trouver un sport qui correspond à ce que je suis ?

L’espoir en l’Homme

Rouler m’apporte l’espérance, l’espérance de gravir ce col pour la première ou Xème fois, d’avancer toujours plus loin sur la route mais aussi dans la connaissance de mes limites et étrangement  l’espérance en l’Homme.

Pourquoi ?

Et bien, la route est un monde étrange où la raison du plus fort, ou du plus gros, est bien souvent la règle. Alors oui, l’espérance en l’Homme, en sa capacité à partager (la route), à s’entraider lorsque quelqu’un a un problème. L’espérance que l’Homme sera plus fort que toutes ces mauvaises habitudes que nous avons tous et l’individualisme dont il fait preuve sur nos routes.

Je suis bien conscient que je suis en quête d’un idéal inatteignable. Un homme seul ne peut changer les choses (surtout un cycliste si faible sur la route) mais si personne ne commence, c’est certain que ce n’est pas près de changer !

Alors oui, je prête mes outils, je fais un signe aux autres cyclistes, j’ai une pensée lorsque je passe devant la stèle dédiée à Tom Simpson,… Est-ce pour cela que je suis un fou sur deux roues ou un idéaliste perdu dans la jungle de l’automobile ?

Je pense que le vélo pourrait permettre à la route de retrouver l’humanité là où l’individualisme lié à l’automobile est omniprésent (et peut être aussi réduire un peu le nombre de victimes sur nos routes ?)

Conclusion

Je fais ici une sorte d’introspection afin de savoir pourquoi je fais les choses. Généralement on fait ça lorsqu’on ne va pas bien mais ce n’est pas mon cas. Les événements actuels peuvent pousser à se poser ce genre de questions aussi essentielles que pourquoi nous faisons les choses, qu’est-ce qui est important, etc… ???

Lorsqu’on passe beaucoup de temps sur le vélo, ce sont forcément des questions qui viennent à l’esprit. Pourquoi passer autant de temps à pédaler ?

Une bonne dose de plaisir trouvé dans une activité “sadique” au point d’en avoir mal et en tirer du plaisir… Un fou allez-vous me dire. Peut-être mais un fou qui sait pourquoi il fait les choses et qui va au bout des choses et assume ses choix. Est-ce le cas de chacun ?

Alors si vous cherchez l’essence des choses, la raison qui vous pousse à faire telle ou telle autre chose, venez nous rejoindre sur le vélo et vous verrez que lorsque vous pédalez, qu’en arrivant aux limites de votre physique, de votre mental, vous trouverez des réponses à toutes vos questions.

Vous pourrez peut-être être surpris par ce que vous y trouverez !

Pour en arriver là le chemin est long et l’entraînement est dur mais indispensable et penser un seul instant trouver des réponses dès le premier col ne vous mènera qu’à mettre le vélo de côté en disant que l’auteur du blog ne disait que des cxxxxxxxx !

Persévérez dans un entraînement progressif et vous obtiendrez des réponses. Rejoignez nous, rejoignez ces fous qui roulent le dimanche matin dès que le soleil se lève. Plus nous serons nombreux, meilleur sera le monde Wink !

Une réflexion sur « Auto-analyse d’un cycliste ou “pourquoi rouler ?” »

  1. quel philosophe tu fais Laurent? Moi je vis le plus simplement possible sans me poser trop de questions en savourant chaque instant que la vie m’accorde en les appréciant avec les gens que j’aime. Et oui, avec l’âge, beaucoup de choses changent. Là, je me prépare à vivre une nouvelle vie sur Toulouse. Un nouveau challenge qui va me permettre de me dynamiser en cette période où l’on aurait tendance à s’endormir. Et puis, je vais connaître d’autres horizons à vélo ou par tout autre moyen. La vie peut-être parfois aussi simple qu’un bonjour.
    Amitiés

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