Cadeau de noël avant l’heure

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Ça y est l’hiver est là et noël est à nos portes. C’est la période de la saison où les distances doivent s’allonger un peu pour prendre un peu de caisse. Pour certains c’est ne pas faire monter le cœur et travailler dans les basses intensités.

Pour moi, la saison 2014 n’est pas encore finie. Un sommet que je visite tous les ans n’a pas encore vu mes roues et cela me dérange fortement et comme chacun sait les rituels sont importants pour tous les sportifs.

C’est donc avec envie mais aussi une grande crainte que je pars en direction de Vaison la romaine pour aller « titiller » le sommet du coin : le mont Ventoux ou plus exactement le col des tempêtes.

En raison de la température peu clémente pour le cyclisme en cette saison je décide de partir entre 9 et 10 heures du matin. OK, ça fera rentrer tard mais bon c’est les vacances non Wink ?

Au départ, les jambes ne tournent pas bien. J’ai de mauvaises sensations et quand ça commence comme ça en général c’est que la journée va être difficile.

Pour rejoindre Vaison la romaine, pas problème. Je roule tranquille. J’arrive aussi facilement à Malaucène. Je décide de passer par le col de la madeleine (84) pour rejoindre Bédoin. J’espère y trouver une route plus ou moins sèche mais en tout cas moins humide que par Malaucène.

Je monte à mon rythme (sans faire monter le cœur) jusqu’à l’épingle de Saint Estève. Après c’est là que les choses sérieuses commencent. La montée est entre 9 et 11% sur pas mal de kilomètres. Autant dire que je m’emploie pour maintenir une certaine cadence de pédalage. J’y arrive bien sur quelques kilomètres mais la pente est rude et je vois inexorablement la fréquence de pédalage diminuer alors que la fréquence cardiaque augmente pour atteindre le seuil aérobie et par moment le seuil anaérobie. J’arrive quand même au chalet Reynard mais je suis pas mal entamé. Je m’arrête pour manger la moitié de mon sandwich avant de repartir vers le sommet. Après le premier virage qui suit le chalet Reynard, une barrière barre le chemin vers le sommet. Je suis obligé de m’arrêter et de passer dessous. J’arrive quand même à repartir malgré la pente même si elle n’est pas de 12% à cet endroit.

Dès que la pente commence à s’accentuer, je sens un petit vent du nord qui vient tout refroidir et surtout ralentir ma progression. Je réalise que les kilomètres qui vont suivre ne vont pas être simples. Je commence à connaitre ce mont Ventoux. A la fois envoûtant et attirant mais aussi à aborder avec humilité et presque de la crainte. Chaque fois que je monte ce mont, c’est une nouveauté assurée et surtout une autre de ses facettes qui comme je l’ai déjà dit, nous laisse monter ou pas même si à chaque fois il faut se battre contre soi-même pour atteindre le sommet. Cette fois-ci j’ai bien failli ne pas y arriver mais je me suis fait dépasser dans les 4 derniers kilomètres et j’ai mis un point d’honneur a terminé la montée même si le jeune qui m’a dépassé m’a donné une impression de facilité déconcertante.

A l’arrivée je dois avoir 5 à 10 minutes de retard sur lui et j’ai dû lutter contre un vent du nord froid qui arrivait de face (lui aussi en a souffert)…

En haut je découvre un fabuleux spectacle.

Arrivée le 24/12/2014
Arrivée le 24/12/2014

Une fois en haut le spectacle est de toute beauté. Une mer de nuage à l’Ouest et à l’Est, la chaîne blanche des Alpes. Tout simplement magnifique.

Je me mets à l’abri du vent prêt du mur des bâtiments et j’en profite pour me changer. Des vêtements secs et chauds. Cela peut paraître sur-dimensionné au niveau des vêtements mais bon je ne veux pas être malade. Je profite encore du fabuleux paysage et il faut que je pense à rentrer. Les jours sont courts à cette période de l’année et je ne suis plus très frais. Il reste quand même un tout petit peu moins 60km avec quelques côtes correctes.

En haut, je fais connaissance avec le gars qui m’a doublé. Il attends son copain qui arrive une dizaine de minutes après moi. Nous prenons une photo pour immortaliser le moment. Moins bien équipés que moi (moins chaudement en tout cas), ils décident d’y aller. Auparavant, je leur donne une barre de céréales à chacun car ils sont presque en fringale et ils n’ont rien à manger. Moi je mange l’autre moitié de mon sandwich et je repars. Je les rattrape un peu avant le chalet Reynard. Ils descendent lentement pour ne pas être victime du froid. Nous faisons un bout de la descente ensemble mais mon équipement me protège mieux et je peux rouler plus vite. Je les laisse donc rentrer sur Bédoin où les attend leur voiture.

Pour ma part je reprends la direction du col de la madeleine, Malaucène, Vaison la romaine, Buisson (avec sa montée qui n’est pas si facile que ça après une centaine de kilomètres au compteur) et enfin Visan où une voiture a failli me percuter (le chauffeur n’avait pas vu qu’il y avait une voiture qui arrivait en face et avait engagé sa manœuvre pour me dépasser, je vous le donne en mille il est passé à 50cm de moi le c..).

Finalement je rentre sans encombres avec un peu plus de 118km et 2400m de dénivelé. Une bonne journée de vélo et un beau cadeau de noël que je suis allé chercher là haut.

Après ça voilà ce qui me faisait envie

Soupe

Joyeux Noël à tous.

2 réflexions au sujet de « Cadeau de noël avant l’heure »

  1. Un beau cadeau en effet
    bravo le fou ! En parlant de fou il y aurait pas un ou 2 cinglés du mont chauve qui ont tenté l’aventure en hiver ? C’est bien possible en tout cas ^^
    Joyeux Noël !

    1. J’avoue, j’y ai pensé pour le futur mais là les conditions étaient extraordinaires.
      Il y a des fois en été où j’ai eu plus froid (dans la montée). Par contre en descente il fallait la veste thermique…
      L’aventure des cinglés en hiver me tente bien mais ça se prépare et il faudrait préparer des vêtements aux points stratégiques car descendre en étant mouillé c’est l’assurance de terminer avec une crève carabinée Wink
      Joyeux Noël à toi aussi et bon réveillon de la nouvelle année.

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