La ronde Castraise

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Dimanche 28 avril 2013, c’est le départ de la Ronde Castraise. Je suis inscrit sur le parcours « moyen » pour 97km annoncé.

Je suis arrivé dans la région la veille et j’ai pris soin de prendre un hôtel proche de la ligne de départ. C’était d’autant plus facile que le départ et l’arrivée se font au même endroit (à quelques kilomètres prêt).

J’ai passé une nuit à peu prêt normale même si je me suis réveillé vers 2h du matin. Peut-être l’appréhension du départ mais plutôt le changement d’habitudes, de lieu,…

Rien de bien grave.

Le matin, je voudrais aller m’échauffer un peu avant le départ. Je veux passer voir l’entrée du SAS de départ. Au moment où je m’approche, le bénévole qui contrôle l’entrée du SAS contrôle un coureur. A ce moment là, le coureur, déjà parti vers l’avant du SAS, perd son matériel de réparation. Ne pouvant pas le rattraper, le bénévole ramasse le matériel, colle la pastille de contrôle sur ma plaque de cadre et me demande de ramener le matériel au coureur. J’aurais bien aimé qu’on me ramène mes outils si cela avait été les miens, alors je suis entré dans le SAS un peu avant l’heure prévue et redonner le matériel au coureur après quoi j’essaie de trouver une place dans le SAS. Je suis prêt à partir environ 30 minutes avant l’heure du départ mais je n’ai pas réalisé mon échauffement… Dans un coin de la tête j’ai peur de m’asphyxier immédiatement au départ. Les muscles sont froids, le cœur n’est pas monté,… Le départ risque d’être difficile…

Les coureur inscrits sur le petit parcours s’élancent puis c’est le tour des coureurs du grand parcours. Je pars donc dans la dernière vague. Le truc qui est pas mal, c’est qu’étant rentré tôt dans le SAS, je suis pas mal positionné. Pas tout devant, ni au fond… Pile poil !

Le départ est donné à 9h20 et après à peine 2km, nous sommes bloqués par un feu rouge. Après 2 minutes d’attente, un organisateur (certainement avec l’accord de la police municipale) nous laisse passer et là c’est parti. Ça roule immédiatement à 34km/h voire plus. Ça se calme assez vite au bout de 10km de route où les premières pentes apparaissent. Elles ne sont pas très difficiles mais certains sont partis trop vite et paient leurs efforts. Je pense qu’ils se sont asphyxiés (je ne sais plus comment on appelle ce phénomène) par manque d’échauffement et qu’il leur a fallu un petit moment pour reprendre le dessus. Pour ma part j’avais pris le temps de rouler plus ou moins tranquillement sur les premiers kilomètres pour ne pas subir ce phénomène (merci à OpenRunner pour l’étude du parcours qui me permettait de savoir où étaient situées les premières pentes). Dans ces premières pentes, j’arrive à compenser les pertes de place que j’avais accumulés sur le plat et je pense même qu’à l’arrivée en haut (Lacrouzette) j’ai gagné quelques places. Je me trouve en bonne forme une fois à Lacrouzette et quand j’observe les autres coureurs je m’aperçois que certains souffrent déjà. Même si cela n’est pas bien de penser comme ça, cela me donne le moral. Finalement l’entrainement paie et maintenant il va falloir voir si j’arrive à tenir. En effet, je m’aperçois rapidement que le cardio a du mal à descendre en dessous des 80% de ma fréquence cardiaque maximale. Je me dis que tenir comme ça jusqu’à la fin va être dur. Dans la descente qui suit j’arrive à trouver un groupe qui semble être de mon niveau. Mon principal problème c’est faire descendre à cette fréquence cardiaque pour pouvoir tenir le rythme imposé par certains mais je n’ai pas le choix, il faut tenir. Mon but à ce moment : ne jamais lâcher. Si je souffre, d’autres souffrent aussi !

La deuxième côte est fatale à certains. Le groupe diminue au moins de moitié et j’en suis. C’est cool. En plus les sensations sont encore bonnes. Quand je regarde un peu les visages autour de moi, certains sont réellement marqués et je n’ai pas cette mauvaise sensation, habituelle ces derniers temps, de fatigue et d’épuisement. Je suis encore dedans et avec encore quelque réserves.

Lors des descentes, le froid se fait largement sentir. A un moment, je regarde mon compteur pour connaitre la température : 2°C. Avec des vitesses dépassant les 50km/h en descente, on obtient un température ressentie inférieure à 0°C. C’est donc normal. Avant la 4ème montée j’en arrive même à crier que je voudrais bien monter pour me réchauffer ! (OK je dois avoir un grain mais quand on a froid, il y a des excuses non ???)

Les 3ème et 4ème côtes sont avalées correctement et dans le groupe, mais après la petite descente, j’ai du mal à remettre en route la machine. Plus de pêche, plus de jus,… Un gros passage à vide. C’est là que je sors un gel énergétique et me ravitaille en eau. Je saute du groupe mais il ne me reste plus « que » 25km environ. Je laisse passer l’orage (ou plutôt le calme plat) et je sens les forces revenir petit à petit. Je ne m’enflamme pas et j’essaie de gérer ma défaillance au mieux. Certains groupes me passent et j’estime impossible d’accrocher les roues. Ils vont vraiment trop vite et je sauterais au bout d’à peine 100m…

Finalement, contrairement à ce que j’espérais secrètement, aucun groupe de mon niveau ne « viendra à mon aide » et je devrai rallier l’arrivée par ma seule force et volonté. Je me sers de l’expérience acquise lors de mes entraînements longs en solo pour gérer les réserves énergétiques et la distance qui me sépare de l’arrivée. Comme lors de ces entraînements, je sens que cela va mieux après les 90km. Cela se confirme par les données enregistrées par le compteur qui m’indique une vitesse beaucoup plus proche des 30km/h sur la fin que lors des kilomètres précédents…

Je décide de faire le final et ma manière et ma façon d’en profiter cette fois c’est de terminer à bloque. Dès que j’arrive devant l’entrée du parc des expositions de Castres, j’appuie comme un sourd sur les pédales, je me mets en danseuse et j’arrive vite, très vite (c’est du moins mon impression). Je mets environ 1 à 2 minutes avant de reprendre mon souffle et rendre ma plaque de cadre…

Mort mais heureux dans la souffrance… Faut vraiment être malade pour aimer ce sport  Razz !

Finalement, je suis très content de ma prestation lors cette Ronde Castraise. Je ne connaissais pas l’épreuve (il faut dire que je n’en connais pas beaucoup aussi) et j’ai réellement apprécié le tracé. Exigeant, technique, de belles routes, très bien sécurisé, etc… Que du bonheur sur la route.

Il faut aussi souligner le travail formidable des bénévoles. Je présente mes excuses aux bénévoles que je n’ai pas pu saluer lors des ravitaillements, mais la course et mes objectifs ne me permettaient pas de m’arrêter. Tous les bénévoles que j’ai rencontré sur la route et après la course ont été géniaux. Un très très bon travail de groupe orchestré d’une manière magistrale.

Merci mesdames et messieurs pour avoir préparé une belle épreuve !

J’ai toutefois une réclamation : l’animateur m’a éclaté le tympan de l’oreille droite alors que je passais non loin d’une enceinte après mon arrivée. Ce lundi soir j’ai encore un acouphène qui me gène pas mal… Pas cool quoi !

Les circuits

Sur Strava : http://app.strava.com/activities/51226559

En chiffres

  • Distance : 95.71km
  • Temps : 3h 26min 54s
  • Fréquence cardiaque moyenne : 165 bpm (87.3% de ma FCmax)
  • Fréquence cardiaque maximale : 182bpm (96.3% de ma FCmax)
  • Cadence moyenne de pédalage : 80tpm
  • Cadence maximale de pédalage : 127tpm
  • Dénivelé : 1626m

 

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