Le vélo en exemple ?

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Cette fois ci, c’est un article un peu différent où je partagerai mes réflexions actuelles.

Pourquoi j’aime le vélo ?

J’ai déjà lu ou écrit plusieurs articles qui présentent les choses de la manière suivante.

« Et bien c’est très simple, j’aime ce sport parce qu’il me permet de me dépasser, m’offre une manière différente de découvrir une région, des paysages,… »

Tout cela est très certainement vrai mais est-ce bien l’essentiel ?

L’événement sportif français du mois de juillet avec l’ultra domination d’un coureur (à l’identique de ce qui s’est passé avant sur d’autres épreuves), la situation géopolitique actuelle, la révélation au monde des extrémismes divers et variés me font réfléchir (j’entends les mauvaises langues dire « arrête de réfléchir mais sur le vélo on a le temps de réfléchir Wink « ).

Je réfléchis sur les choses qui amènent les gens à vouloir monter tel ou tel col, à vouloir vivre ensemble ou à vouloir se rassembler pour lutter contre les maladies ou les virus,…

Cette réflexion se nourrit de ce que je suis et de ce qui m’a construit et continue à me construire.

Né en France, j’ai grandi au sein d’une famille où les valeurs sont une chose fondamentale. Les valeurs oui, mais parmi elles je m’aperçois qu’il est possible d’établir une certaine hiérarchie. Certaines valeurs semblent fondamentales et d’autres le sont un peu moins (tout en restant tout de même importantes cela va de soi).

Tout ce qui se passe aujourd’hui dans le monde du sport ou plus largement dans le monde me fait me poser la question sur ce qui compte vraiment parmi mes valeurs. Comment les hiérarchiser ?

La famille, l’honnêteté, le travail, le respect d’autrui,etc oui, mais dans quel ordre et pourquoi ?

Qu’est-ce qui amène des gens différents (nationalité, niveau d’instruction, culture,…) de toute la planète à partager une aspiration, une envie, une passion,… ?

Qu’est-ce qui fait que des cyclistes du monde entier viennent participer à l’étape du tour, qu’est-ce qui fait que des alpinistes du monde entier viennent grimper le mont Blanc ou l’Evrest ?

Mes réflexions m’amènent à penser que nous partageons tous (nous humains sans distinction de nationalité, idées politiques,…) plus ou moins les mêmes valeurs fondamentales. Nous souhaitons tous pouvoir élever nos enfants dans les meilleurs conditions possibles, vivre comme il nous semble bon, monter des cols, grimper en haut des montagnes, plonger au plus profond des océans,… le tout sans avoir le sentiment d’être jugé, sans que quelqu’un ne vienne nous dire que c’est interdit parce qu’il l’a décidé ou que SES idées interdisent ce que nous avons envie de faire…

Les débats actuels sur le dopage en cyclisme me semble être tout simplement le reflet de notre société. Le sujet divise et plusieurs courants s’expriment :

  • ceux qui ne sont pas pour le dopage mais qui le justifie par le professionnalisme et les exigences des sponsors,
  • ceux qui refusent catégoriquement le dopage mais qui ne sont pas prêt à agir,
  • ceux qui sont assez «  »extrêmes » sur les conséquences d’un contrôle positif,…

J’en oublie forcément mais il y a un point commun à toutes ces réactions : nous avons oublié du pourquoi nous faisons du vélo !

Attention je n’excuse pas mais je reviens à la base, aux valeurs fondamentales !

Ce qui est applicable à notre sport doit pouvoir l’être à beaucoup de choses de notre vie courante et j’incite tous les sportifs/cyclistes (mais aussi les autres qui tomberaient sur le blog par hasard) à réfléchir sur leurs réactions vis à vis du dopage mais aussi à élargir la réflexion à d’autres sujets de la vie courante.

J’observe dans mon entourage que ceux qui affichent une position radicalement « contre les extrêmes » sur bien des sujets (sports ou autres), sont eux même très extrêmes lorsqu’on aborde le sujet du dopage (pour ne pas dire sur bien d’autres sujets).

Alors plutôt que de se quereller ou tomber dans des réactions simplistes/faciles sur les sujets qui nous séparent, réfléchissons sur ce qui nous rassemble et essayons de tirer profit de nos différences. Cette réflexion un peu idéaliste (oui je l’admets) ne prend pas en compte les aspects financiers, idéologiques,etc… Dans le sport comme dans la vie courante, tout n’est question que de matérialisme (certains diront de réalisme) mais où mettons-nous l’honnêteté !

Les sponsors des équipes ne sont pas philanthropes mais je leur pose la question : combien de temps croyez-vous que vos arrangements avec la moralité peuvent perdurer ? Combien de temps croyez-vous pouvoir abuser vos « clients » que vous plutôt « vaches à lait » ?

Je vote donc pour un sport propre, une vie honnête et droite même si certains diront que je ne vis pas avec mon temps (ou hors du courant de pensée très anglo-saxon où seule la performance compte). Un temps où il faut absolument gagner tout par tous les moyens existants même s’ils sont parfois à la limite de la moralité ou même de la légalité !

Malheureusement le sport n’est que le reflet de notre société et quand on voit ce qui se passe dans le sport, il y a de quoi être inquiet pour nos enfants. Pour remettre de l’ordre rapidement, une prise de conscience collective me semble nécessaire. Nous cyclistes, devons arrêter les performances extraterrestres et devons montrer l’exemple à la société. Montrons nos valeurs comme par exemple l’entraide, la solidarité, montrons que le résultat du travail d’une année permet non pas de soulever le mont chauve mais d’y monter rien qu’à la force de ses jambes,…

Et enfin, amis cyclistes, s’il vous plaît montrons l’exemple en ne jetant pas nos déchets sur la route. Ça sera un bon commencement.

2 réflexions au sujet de « Le vélo en exemple ? »

  1. Belles réflexions de ta part mais combien vont te répondre à toutes ces remarques. Je te le souhaite.
    Pour ma part, le vélo est pour moi, une dépassement de moi lors de courses, de plaisir de rouler et de respirer au grand air, de voir de beaux paysages et essayer de le faire partager, rencontrer de belles personnes et de transmettre ou partager ma passion. L’hiver je suis souvent en manque à cause du temps.
    Pour les autres, je me demande que ce que l’on dit ou l’on pense fera changer les choses. Et le respect de la nature même les pros ne font rien. Regarde lors de l’Ariégeoise combien du rencontrer de tubes vides.
    Bravo pour rester ce que tu es.

    1. Salut JP,
      Non je ne changerai certainement plus. par contre ça me fait un peu peur pour mes filles car si l’avenir est un monde où la tricherie, la malhonnêteté et autres choses dénuées de principes et d’honneur sont légion, alors oui il y a de quoi s’inquiéter…
      Mais le monde est ainsi fait et rester droit est parfois difficile voir impossible dans certains cas où le choix est d’être faux ou mourir…
      Quand tout va bien la critique est aisée mais lorsque le moment du choix arrive le respect des principes peut être impossible (surtout lorsqu’il s’agit de sauver sa famille). L’histoire nous le montre…
      Si l’homme triche dans le sport, alors que faut-il attendre dans la vie où il pet s’agir de vie ou de mort ?
      Bref revenons aux fondamentaux dans le sport, restons honnêtes et droits et peut-être que dans la vie de tous les jours nous aurons le choix…
      On est pas loin de philosophie ici non ? Wink

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