Mon ascension à moi !

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En ce jeudi de l’ascension, je suis dans le Vaucluse et j’ai en prévision de monter vers les cieux.

Ce jeudi matin, je me lève tôt, la maison dort encore et je fais attention de ne réveiller personne. Il est l’heure à laquelle je me lève habituellement pour aller au boulot mais là c’est tout autre chose. Je vais enfourcher mon vélo pour aller voir quel temps il fait en haut du mont Ventoux (le col des tempêtes). Secrètement j’espère pouvoir faire deux montées car j’ai du temps devant moi.

Au départ, à 6h55, le temps est couvert et peu de vent. Après quelques kilomètres je m’aperçois que pour les deux montées je serai certainement un peu court. J’ai des jambes qui ne répondent pas trop mais bon cela va peut-être s’améliorer après. La montée de Buisson me parait malgré tout assez courte et ensuite la route jusqu’à Vaison La Romaine se fait tranquillement. Tellement tranquillement que j’ai 5 minutes de retard sur mon parcours horaire.

J’entame la route vers Bédoin par le col de la Madeleine (pas le gros gros en Savoie mais celui du Vaucluse Wink). La montée s’effectue à un rythme de sénateur et ma selle grince encore. Je m’arrête à deux reprises pour essayer de serrer/desserrer mais rien n’y fait !

Finalement, j’arrive à Bédoin avec mes 5 minutes de retard sur mon parcours horaire. Je ne fais pas de pause et j’enchaîne directement. Au pied de la montée il y a plusieurs cyclistes avec des T-Shirt “Bike For Think Pink” et avec des plaques de cadre. Il doit y avoir une compétition sur une montée sèche. J’ai mes objectifs, donc je ne m’arrête pas pour voir mais bon l’envie de savoir m’a traversé la tête. Accrocher une plaque de cintre est un truc qui me plait mais il faut savoir rester raisonnable et se tenir à sa planification !

La montée jusqu’à Saint Estève n’est pas trop difficile par contre après les pentes se durcissent. Je suis peu doublé et je double pas mal de monde. Finalement les jambes ne sont pas là mais par rapport à d’autres cyclistes je vois que l’entraînement paie. Pas de jambes mais du foncier. J’arrive sans trop d’encombre jusqu’au Chalet Reynard où je fais une petite pause pour manger une barre de céréales et boire un peu. Un Jurassien que j’avais doublé un peu avant arrive et se demande comment il arrivera en haut. Nous échangeons quelques mots puis nous voyons passer le dossard 1 de la compétition qui se préparait en bas. Ça monte bien… Encore 1 ou 2 minutes de repos et je continue mon ascension. Par contre là il est clair que je ne ferai pas une deuxième ascension du Mont Chauve. Il est vraiment trop exigeant !

Sur les 4 à 5 kilomètres qui me séparent du sommet, je dois avouer que le dernier kilomètre est le plus difficile. Je suis  beaucoup moins excité que lors de mes autres ascensions mais aussi beaucoup plus conscient de ce qui m’entoure. L’effort est tout aussi important mais j’ai l’impression que je le supporte mieux. Lorsque je passe devant la stèle de Tom Simpson je ne peux m’empêcher de penser à ce coureur qui est mort sur les pentes du Ventoux (ou presque). Sur les derniers kilomètres je me suis aperçu qu’un léger vent se levait. Et en plus il n’était pas chaud du tout mais alors en arrivant en haut, ce léger vent n’a plus de barrière naturelle devant lui et souffle tranquillement. Il ne fait pas très chaud. Toutefois je dois me restaurer et faire le plein du bidon. Les dernier kilomètre a été dur. J’étais presque en fringale. Une seule barre de céréales ce n’est pas suffisant mais il faut que j’apprenne à mon corps à rouler à l’économie (si vous avez des recommandations pour progresser dans ce domaine, laissez moi un commentaire). Je mange donc la moitié de mon premier sandwich et je vais au magasin pour faire le plein du bidon. Là, en discutant un petit peu, j’apprends que la descente sur Malaucène est entravée de barrières et qu’il faut faire très attention en descente. Je décide de descendre sur Bédoin et refaire le trajet qui m’a mené la haut à l’envers. C’est la première fois que je descends sur Bédoin. Je la trouve beaucoup plus technique que celle de Malaucène. Plus de virages, route plus étroite,…

Je dois mettre un carton rouge au conducteur d’une camionnette qui était garée sur le coté et qui a démarré juste devant moi en me coupant la route. C’est là qu’on voit qu’un vélo lancé à 60km/h est difficile à arrêter. D’ailleurs, je n’ai pas pu m’arrêter mais je suis passé dans l’espace qu’il a dégagé en accélérant un peu plus que de normal. Ouf, ça passe !

En arrivant sur Bédoin je sors la fin du sandwich et je mange avant d’attaquer le col de la Madeleine. Je ne l’ai encore jamais fais dans ce sens. Malgré la fatigue, cela passe bien. Je fais ça au foncier et je passe sans encombre. En arrivant à Malaucène, je m’arrête au lavoir pour manger mon deuxième sandwich. Ça fait du bien. Je bois un bidon complet, refais le plein (ça sers aussi à ça le lavoir) et repars en direction de Vaison la Romaine. La route entre Vaison et Buisson me paraît courte et la montée sur Buisson qui me semblait très très difficile les années précédentes est passée normalement. Arrivé à la hauteur du restaurant la Guinguette, à côté de l’Eygue, j’aperçois ma femme, mes filles et une amie qui déjeunent. Je m’arrête et cela étonne pas mal de monde. Je finis les assiettes de mes filles et commande une bonne bière. Après un arrêt d’une heure je rentre à Visan.

C’est une très belle journée de vélo dans un cadre toujours aussi beau avec une montée mythique. Je sors encore un carton rouge aux cyclistes qui ont encore jeté leurs tubes de gels énergétiques sur le bord de la route. Il n’y en avait pas beaucoup mais c’est encore trop ! En plus ce qui me fait réagir encore plus violemment, c’est que ce n’est que le début de la saison. Cela laisse présager une augmentation du nombre de déchets sur le bord de la route et cela m’insupporte. Quand on emmène quelque chose en montagne et qu’il y a des déchets, on les ramènent avec soi jusqu’à ce qu’on trouve une poubelle !

Respectons la nature et les lieux qui nous accueillent !

La carte

La sortie sur le Net

Strava : http://app.strava.com/activities/53251317

Garmin Connect : http://connect.garmin.com/activity/310132645

En chiffres

  • Distance : 118km
  • Durée : 5h32
  • Dénivelé : 2564m
  • Fréquence cardiaque moyenne : 140bpm (74.07% de ma FCmax)
  • Fréquence cardiaque maximale : 172bpm (91.01% de ma FCmax)
  • Cadence moyenne de pédalage : 66tpm
  • Cadence maximale de pédalage : 119tpm

2 réflexions sur « Mon ascension à moi ! »

  1. waouh bravo !
    jamais eu l’occasion de rouler là-bas, mais c’est un rêve de réaliser cette ascension…

    pourquoi se restreindre en ravitaillement ?
    pour ma part j’ai besoin de manger souvent, je le sais, et c’est comme ça que je suis le plus performant.
    par contre de l’eau pure ça atteint vite ses limites sur des efforts longs. tu as déjà essayé des boissons isotoniques ? en sirop, poudre, ou même faites maison, mais en tout cas souvent plus efficaces (dans mon cas personnel, y’a pas photo).

    1. Salut Olivier,
      Merci. Je pense y retourner cet été avec un autre objectif mais ce sera en fonction de l’entraînement et de la forme.
      Sinon, je ne me suis pas restreint en ravitaillement. J’ai simplement sur-estimé mes capacités. Le géant de Provence est réellement difficile !
      L’eau pure c’était parce que je n’avais pas prévu de rouler sur une distance aussi courte et je voulais prendre mon temps mais la météo (et les ajustements de parcours afférants) en a décidé autrement. Je n’avais donc pas prévu la boisson énergétique…
      Sinon, c’est une belle montée mythique que je recommande à tout cycliste voulant se faire plaisir.
      J’adore cette “bossinnette” de presque 2000m au milieu de la Provence !
      Il faut toujours l’aborder avec respect ce géant sinon il te met une grosse claque Wink
      ++

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