Pourquoi aller vers les 100km et plus ?

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20130615_154001A mes débuts en 2009, lorsque les cyclistes que je côtoyais à l’époque évoquaient des sorties de plus de 100km, je les prenais pour de grands malades.
Imaginer rouler pendant environ 4 heures me laissait plus que perplexe et j’imaginais que la débauche d’énergie était tellement énorme que je ne me voyais pas réaliser une telle distance un jour.
Avant de courir, il faut savoir marcher. C’est pourquoi il a fallu passer par des distances intermédiaires tel mon premier 80km qui a été épique (et c’est peu de le dire). Les cyclistes présents lors de cette sortie n’ont eu de cesse de m’attendre tellement j’étais à la rue (physiquement et mentalement). Ce qui les a motiver à m’attendre : la débauche d’énergie que je mettais dans chaque coup de pédale, le dépassement de moi-même qui se voyait sur mon visage déconfit !
Mais ils sont restés, m’ont encouragés et supportés. Ce n’était que 80km alors 100km, il m’était impossible de penser réaliser cette distance un jour. D’ailleurs, après ma « petite » virée de 80km, je suis tombé malade tellement j’avais fourni d’efforts et donc affaibli mon organisme.
A cette époque je me suis donc « limité » à des distance entre 50 et 80km. J’ai stagné pendant environ 1 an à cette distance mais je sentais que des évolutions physiologiques et mentales s’opéraient. Ma silhouette commençait à changer (apparition d’abdominaux, perte de poids,…) mais aussi ma manière de pédaler. Le geste commençait à devenir plus fluide, moins heurté ce qui limite les déperditions d’énergie.
Pendant cette période, la grande majorité de mes sorties était donc comprise entre 50 et 60km avec tout de même un peu de dénivelé (300 à 450m) à chaque fois. Je greffais aussi quelques moments d’intensité mais le but premier était de tenir toute la sortie et surtout après la sortie pouvoir continuer à avoir une vie familiale normale (et ne pas m’écrouler comme une grosse loque pour récupérer pendant une demi journée). Au début c’était quasiment impossible et il me fallait une bonne demi journée pour récupérer et après quelques temps, une fois rentré de la sortie, la vie continuait normalement. C’était le signe de ma progression.
Un 2010, je me suis inscrit pour ma première cyclosportive. Oh, un bien grand mot pour dire que j’ai effectué mes 95km au milieu d’autres cyclistes et que j’ai pu terminer l’épreuve grâce à mon mental plus qu’avec mon entraînement.
Fin 2010, j’ai commencé à allonger un peu plus les sorties. Mon objectif était de pouvoir rouler 200km en septembre 2011 pour une sortie sans trop de dénivelé. Mes entraînements se sont allongés pour atteindre 80 à 120km régulièrement. C’est bien au delà des distances que j’envisageais un an et demi avant. Par contre le dénivelé moyen de chaque sortie était inférieur à ce que je faisais lorsque j’étais dans le Beaujolais ce qui a certainement facilité leur allongement. Mes entraînements étaient régulièrement de 70-80km avec d’autres entraînements entre 80 et 120km de manière plus ponctuelle. La durée de chaque entraînement s’allongeant, leur nombre diminua sensiblement pour ne pas déséquilibrer la vie familiale qui reste ma priorité.
Déjà à cette période, je passais les 100km pour quelques sorties mais je n’avais pas le sentiment d’appartenir à cette bande de malades qui réalisent facilement ce type de distance. Il me fallait quand même un gros effort à chaque fois et la récupération était conséquente.
Finalement, j’ai réalisé la randonnée Levallois – Honfleur avec un total de 222km. Le plus difficile s’est sans doute situé autour des 150km. Ce fut un cap difficile mais que j’ai franchi au mental. A l’arrivée j’étais fatigué mais j’ai aussi été très étonné de mon état global (je pouvais encore marcher, vivre quasiment normalement même si c’était au ralenti). Ce qui m’a encore plus étonné c’est la rapidité avec laquelle j’ai récupéré. Cela reste un excellent souvenir et me donne l’occasion de dire « je l’ai fait ! »
Cette épreuve a été comme un déclic pour moi. J’ai réalisé que maintenant je faisais plus ou moins partie de cette catégorie de cycliste que je nommais « malades ». Je suis donc malade et j’en redemande !
Aujourd’hui, j’ai encore déménagé et je me trouve en Gironde. Un pays bien plat par rapport au Vaucluse, les Alpes ou même la région parisienne. Les petites sorties (40 à 60km) sont dédiées à l’intensité (comme avant mais encore plus appuyé) mais je dois avouer qu’aujourd’hui une sortie club fait au minimum 85 à 90km. Les plus courtes distances (80km) sont réservées aux périodes froides alors que lorsque le soleil brille, les distances approchent plus facilement les 100km sans fatigue excessive.
Mon organisme s’est adapté et accepte de mieux en mieux l’effort cycliste et surtout la coordination de chacun de mes mouvements s’est largement améliorée ce qui limite les dépenses énergétiques inutiles (élimination des mouvements parasites). Je progresse toujours dans tous les domaines et plus je m’entraîne, plus je progresse. Je ne sais pas trop quand la limite de progression sera atteinte mais j’observe un allongement des distances d’entraînement, une plus grande facilité dans les cyclosportives (attention je joue pas la gagne quand même, il y a des jeunes pour ça Wink ) mais aussi une vitesse moyenne en augmentation. Tous cela me donne envie de progresser encore plus et c’est une cercle vicieux.

Après avoir goûté à de telles distances, je dois avouer que je n’ai plus regardé les cyclistes comme avant. J’y étais arrivé moi aussi et cela a même augmenté mon envie de rouler. Seules les circonstances de la vie font que je ne roule pas tous les jours (disponibilité pour la famille, vie professionnelle). Lorsque je sors le vélo, je n’ai qu’une envie : rouler longtemps ! Mon frein, être là pour ma famille !
Aujourd’hui, je pense que ma limite de progression réside plus dans le temps que je consacre à l’entraînement plus qu’à des limites physiologiques. Attention, je ne dis pas que je n’ai pas de limite mais tout simplement que j’ai encore beaucoup de marge (faut dire que je pars de loinWink ).
D’autres défis vont se présentés à moi (sinon ce n’est pas drôle) et il y en aura un dans pas longtemps (mois d’août) avec les cinglés du Ventoux.
Je vous encourage tous à allonger vos sorties tout en gardant une composante d’intensité de temps à autres et de varier les types de sorties en fonction de la période d’entraînement dans laquelle vous vous trouvez. La base de la base est de travailler à plus faible intensité en hivers alors que la dose d’intensité augmente en arrivant vers les beaux jours… On se dirige tout droit vers la planification annuel de l’entraînement !

Une réflexion au sujet de « Pourquoi aller vers les 100km et plus ? »

  1. En ce qui me concerne, j’ai fait L-H en 2012.
    J’ai roulé comme un « malade », avec une moyenne jamais atteinte alors par moi, jusqu’au km 150 stressé par les « mobilettes » en maillot de club (ils sont marrants les gars qui ont A.S.S. marqué sur leurs fesses Smile ) qui me doublaient par la gauche et par la droite même si l’espace disponible ne leur permettait pas toujours la manoeuvre. Là, tout d’un coup, je me suis demandé: mais où diable je me dépêche comme ça? Et soudain, j’ai vu qu’il y avait du soleil, le champ sentait bon, quelques abeilles bourdonnaient. Je me suis arrêté et je me suis couché un quart d’heure dans l’herbe au bord de la petite route et c’était bien. Le reste je l’ai fait en mode ballade et j’ai vraiment profité. Quand j’ai vu le pont de Normandie, j’ai eu comme un regret que ça se terminait.

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