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Ventoux – Parkinson, acte 2

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France ParkinsonUne fois au sommet, je prends le temps de regarder le paysage. Je le connais par cœur. Il est logé dans ma mémoire depuis ma première montée, gravé à jamais mais à cet instant il fait nuit, les lumières dans la plaine sont magnifiques mais je ne suis pas rassuré. “L’attaque” du renard m’a fait prendre conscience qu’à cette heure et sur ce mont je suis fragile et faible. Il va falloir apprendre à être dur et vite !

Une fois habillé pour la descente, je mange un petit bout et repars. C’est seulement à l’arrivée que je m’apercevrai que le compteur avait été déconnecté de la ceinture cardio et du capteur de fréquence de pédalage. Pas important !

Juste après mon départ, je m’aperçois que sur les parking en haut du mont Ventoux, des camping car sont garés. Des gens passent la nuit à cette altitude. Incroyable mais le spectacle du matin doit être fabuleux.

Je me méfie beaucoup dans la descente. Je dois pouvoir maîtriser ma vitesse et m’arrêter à n’importe quel moment. Je sais que dans le massif, il y a des cerfs, des biches,… Si je venais à percuter du gibier je serais dans le pétrin. Malgré les couches de vêtements, le tour de cou, le sous-casque, la sueur toujours présente et le vent relatif me refroidissent vite.

Lorsque j’arrive au niveau de la forêt, je ne suis très rassuré. Combien d’animaux sont présents et combien vont traverser la route ou même m’attaquer parce que je les dérange ???

La prudence paie. J’arrive à Malaucène transi de froid mais entier et sans mauvaise rencontre. Je suis pourtant certain qu’il y avait plein d’animaux sur le bord de la route. Peut-être que la vitesse liée à la descente et le bruit du vent dans les roues les a un peu effrayé ?

Je mange tranquillement et fait le plein des bidons. Malaucène me présente un tout autre visage qu’en journée. J’ai parfois même l’impression que le village est mort.

Après m’être préparé pour une nouvelle montée je passe vers une poubelle pour y mettre mes déchets et entame une nouvelle montée. Je sors du village et juste avant de Grozeau, j’entends derrière moi dans le bas-côté et les fourrés le galop de plusieurs cerfs, fans ou biches (je ne sais pas trop). Une chose est certaine c’est qu’ils me chargent. Je gueule, crie rageusement et l’espace d’un instant je doute être en mesure de les faire fuir mais finalement j’y arrive. Je retiendrai ce moment comme la plus grosse peur du périple. Un groupe de cerfs apeurés peut être très dangereux…

Juste après le Grozeau, ma veste Gore Tex tombe derrière moi. Je l’avais mal attachée à la sacoche de selle. Ouf elle ne s’est pas prise dans la roue arrière. Je fais très attention pour la ramasser et je me sens observé. Réalité ou imagination après ce qu’il vient de se passer ???

Je replace la veste et l’attache bien cette fois-ci et repars. J’allume la lampe frontale ce qui me permet d’avoir un rayon lumineux dirigeable. Lorsque je tourne la tête à gauche ou à droite, il m’arrive de voir des yeux illuminer les taillis en haut de la route. Afin de ne pas connaître la même mésaventure qu’un peu plus tôt dans la montée de Bédoin, je décide de rouler au milieu de la route. Cela laisse pas mal de place de chaque côté et si un animal doit venir me taquiner il sera obligé de se découvrir…

Je savais que la montée de Malaucène était difficile. Je ne dirai pas je l’ai trouvée facile mais moins difficile que lorsque j’ai réalisé les cinglés du Ventoux en 2013. Le rond point du mon Serein n’est plus allumé (il l’était lors de la descente). Dommage, j’aurais bien contrôlé le vélo, les bagages,… Oh pas parce que j’avais un doute mais juste parce que je suis perfectionniste et n’aime pas les mauvaises surprises au mauvais moment !

Dans la ligne droite qui suit l’épingle à cheveux au dessus du mont Serein, j’entends le cri d’un animal qui me charge (je pense que c’était un cri de renard mais  je ne suis pas spécialiste). Je hurle et bouge sur le vélo et met encore une fois en fuite mon assaillant. Encore une belle peur…

Continuellement sur les gardes, j’atteins le sommet fatigué mais content de ma performance. Si je compare à 2013, je passe bien mieux la montée de Malaucène.

Je profite de cet arrêt au sommet pour manger la moitié d’un sandwich, boire et m’habiller pour descendre sur Sault. Pour cette descente, je ne garderai pas les mitaines et je passe aux gants longs mi-saison.

J’appréhende la descente sur Sault. Le gibier est omniprésent dans cette zone du mont chauve. Il va falloir maîtriser la vitesse…

En raison de mon extrême tension et de la nuit environnante, je n’ai pris aucune photo. J’ai vécu intensément le moment et seuls les souvenirs restent…

 

Ventoux – Parkinson, acte 1

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France ParkinsonCe lundi 1 août 2016, je me retrouve à Bédoin en soirée pour préparer mon départ du kilomètre 0 à 22h00. Pour cette première partie de parcours je porterai la tenue de mon ancien club, le Vélo Club Canéjan. L’idée est née là bas mais elle se concrétise ailleurs. Un grand merci à tout le VCC pour ce qu’il m’a apporté et j’espère porter haut les couleurs de mon ancien club qui a une place particulière dans mon cœur.

L’objectif est d’essayer d’attirer l’attention sur l’association France Parkinson à l’aide d’un événement sportif : 6 montées (si possible) du mont Ventoux en 24 heures.

Le départ s’effectue au kilomètre 0. Je suis seul avec ma femme et je ne suis pas surpris. Combien de fous iraient gravir le mont Ventoux en pleine nuit ?

Départ de Bédoin KM 0
Départ de Bédoin KM 0
Départ de Bédoin KM 0
Départ de Bédoin KM 0
Départ de Bédoin KM 0
Départ de Bédoin KM 0

A ce moment précis je ne sais pas ce à que je vais trouver devant moi. Une chose est certaine, je vais vivre quelque chose d’exceptionnel mais quoi ?

Jusqu’à Saint Estève, je suis dans le monde “urbain”. Il y a des lumières tout autour de moi, le bruit des villages résonne dans la nuit et la présence de l’homme est indiscutable.

Après le virage, j’ai l’impression d’entrer dans un trou noir. Plus aucune lumière, les bruits du monde sont assourdis par les arbres et la pente commence à se faire très présente. Je connais cette route. Je l’ai empruntée 15 jours auparavant juste avant que le tour de France n’y passe mais là je ne reconnais pas grand chose. Très vite le silence se fait autour de moi et les bruits de la civilisation disparaissent complètement. Juste le bruit de ma transmission, le vent dans les feuilles et des chutes de pierre au milieu de la forêt.

Le vent…

Oh, ça aurait pu être pire, je le sais bien. Environ 30km/h en diminution constante depuis que le soleil s’est couché. Mais un vent qui à ce moment précis m’arrive en pleine figure. Ce n’est pas qu’il fasse froid mais quand on connaît la difficulté liée à la pente pendant les quelques kilomètres qui suivent l’épingle à cheveux de Saint Estève on réalise l’effort nécessaire pour se hisser vers le haut. Je me dis alors que ça va pas être du gâteau mais que je suis déjà arrivé en haut dans de pires conditions. Je baisse la tête et avance.

Pendant cette montée, la civilisation se rappelle à moi à 6 reprises. 3 voitures sont montées puis sont redescendues.

La forêt se fait de plus en plus massive mais je n’y prête pas trop attention. Les bruits de cailloux, le vent dans les arbres me rappellent des marches de nuit effectuées il y a bien longtemps. La montée de Bédoin a ça de bien qu’on voit facilement quand on arrive vers le sommet. La forêt laisse place à un désert de cailloux blancs. Au moment où je passe cette frontière, je m’aperçois que le vent a diminué même s’il est toujours présent (environ 20km/h au jugé).

A partir de 23h45 plus personne. Je suis seul sur terre…

Seul n’est pas le mot juste. Un peu avant que la dernière voiture ne me double, je suis “attaqué” par un renard qui saute en ma direction depuis ma droite. Un écart sur la gauche et un gros hurlement de rage de ma part et l’attaquant est mis en fuite. Je pense que je lui ai fait peur en arrivant avec un véhicule sans moteur, qu’il ne m’avait pas vu malgré mes lumières et qu’il a simplement répondu. En plus la voiture qui m’a dépassé peu de temps après a dû terminer de le mettre fuite. A ce moment précis je prends conscience du lieu où je me trouve : la nature. Je me remémore les récits des cyclistes qui font de la longue distance avec les attaques de chiens, le gibier qui traverse en pleine descente,…

Je me mets donc dans une sorte de mode “survie” et essaie malgré tout d’apprécier le paysage. La vue sur l’observatoire qui se confond aux étoiles du ciel, la vue sur la plaine avec ses lumières… Magnifique !

J’arrive en haut en entier et c’est une première victoire pour moi. Je m’équipe pour la descente (Gore Tex, jambières, tour de cou,…) et mange un bout, bois bien, apprécie un peu le moment où j’ai le sommet pour moi seul. Je suis le premier cycliste du jour en haut du mont Ventoux !!!!!!!!!

Il reste encore de la route pour atteindre l’objectif…

La vie avant tout !

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Ce reportage me touche. Je n’ai pas de mots pour dire ce que je ressens lorsque je l’ai regardé.

La maladie, le handicape c’est du pareil au même. Les hommes se battent et vivent.

Merci Monsieur pour ce que vous avez réalisé !

Dans un autre style, rendez-vous le 01 août 2016 à 22h00  au kilomètre 0 à Bédoin ou dans la journée du 02 août 2016 sur les pentes du géant de Provence pour aider l’association France Parkinson (Un galérien pour ceux qui galèrent) et tout comme vous Monsieur je continuerai (oui ce que je fais depuis ma première fois sur le Ventoux) à remercier ce géant chaque fois qu’il me laissera monter au sommet.

Une bien belle balade

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Selfy MazanCe samedi 9 juillet 2016, je me réveille tôt. Le but rallier Chateauneuf les Martigues à Visan mais en passant sur les routes d’un mythe du cyclisme, le mont Ventoux.

Étant donné le parcours prévu, je dois partir tôt pour limiter le temps passé sous la chaleur accablante de Provence. C’est donc environ à 3h00 du matin que je prends la route.

Pas un chat dans les rues, le calme est total. Peu de bruit de voiture et une température d’environ 20°C. Une chose est certaine, je n’aurai pas froid !

Je prends la direction de Martigues. Lors de ma traversée de Martigues, je croise deux jeunes en BMX qui doivent rentrer chez eux après avoir fait la fête avec les copains. Avec le peu de circulation, je prends la D5 pour rejoindre Istres. La traversée d’Istres se passe bien jusqu’à ce que je passe sur la route qui longe l’étang de berre. Là, plus aucune lumière. Malgré mon habitude de rouler la nuit, la lumière a complètement disparue. Les pins recouvrent la route et empêchent la lune de m’éclairer. J’enchaîne sur la forêt pour me diriger vers Grans. Là encore c’est noir !!!

J’arrive assez vite à Lançon de Provence. D’habitude, je passe uniquement au péage sur l’autoroute mais là je découvre une ville qui m’a l’air sympathique. J’enchaîne assez rapidement sur Pélissanne et à la sortie je prends un compagnon qui ne me quittera plus tout le long du voyage : le vent.

La montée sur Auron est superbe. Je passe à Alleins et à Mallemort, passe la Durance en direction de Mérindol mais bifurque assez vite direction Cavaillon. Les grandes lignes droites en direction de Cheval blanc et Robion sont usantes mais assez roulantes. A Robion je m’arrête prendre un petit café et quelques viennoiseries.

A Coustellet je croise le chemin d’un moulin à eau.

Coustellet - moulin

La montée sur Gordes n’est pas facile mais le paysage est réellement Gordesgrandiose. une fois que j’ai bifurqué sur la gauche direction Venasque, la route devient moins exigeante. Je me rends compte assez vite que je suis sur les routes du Tour de France. Ça monte, ça monte. Grâce à la préparation de l’itinéraire, je sais que je ne devrais pas tarder à passer un col. Et là c’est fait : le col des trois termes.

Col des trois termes

La montée n’est pas simple et usante. Sur le tour de France, je pense que ça a user un peu les organismes même si leur niveau est tel que ce col n’a pas les mêmes effets que sur moi…

Une fois ce col passé, direction Mazan avec un point de mire le mont Ventoux qui m’attire et me fait si peur…DCIM100GOPROMont Ventoux depuis Mazan

Je passe par des chemins au milieu des vignes et des champs pour arriver à Bédoin. Je rentre dans la civilisation et je dois dire que ça ne me manquait pas même si je profite de la ville pour aller chercher un sandwich et deux powerade. J’en bois une complète en mangeant Bédoinmon sandwich et je glisse la bouteille restante dans la poche du maillot. J’en profite pour laisser dans les poubelles les emballages des barres de céréales et ne pas faire comme tous ces “touristes” et lâcher mes emballages dans mon superbe terrain de jeu.

J’entame ma montée avec environ 130km et je me mets au train dès le pied de la montée. Avec ce kilométrage, je ne veux pas “péter” en plein milieu de la montée. Je n’ai rien à faire du temps de montée. ce qui m’importe c’est passer et me faire plaisir sur les pentes que j’aime tant.

Je m’arrête pour faire le plein des bidons au chalet Reynard. La fontaine ne fonctionnait pas, j’ai donc demandé au bar. Là on me fait remarquer qu’il y a des toilettes mais on me remplit quand même le bidon. Je n’aime pas l’accueil mais ça confirme ce qui s’est déjà passé il y a quelques temps…

Plusieurs cyclistes m’encouragent en me voyant lutter pour me hisser en haut. J’apprécie aussi les encouragements des gens qui sont déjà en place et attendent les coureurs du tour de France. J’ai droit aux camping-car décorés pour les coureurs professionnels. Un bonheur !

Mont Ventoux - Les drapeux

Avec le temps et quelques efforts j’arrive en haut avec un 150km au compteur. Je suis super content de ma performance et surtout plein de bonheur d’avoir retrouvé les mêmes sensations que lors de ma toute première montée du mont Ventoux. Heureux d’en avoir ch..r !

Sommet du Ventoux

Je prends un moment pour me couvrir d’un coupe-vent pour la descente car le vent du nord souffle et avec la vitesse il ne va pas faire chaud…

La descente par Malaucène est rapide et je m’arrête manger au Groseau. Un très bonne salade. Je conseille l’arrêt surtout qu’ils sont super sympa. Une fois sustenté, je continue ma route sous une chaleur accablante.

Je passe Vaison la Romaine, Buisson mais en arrivant à 5 km de Visan, ma roue arrière fait un drôle de bruit. Je m’arrête et constate qu’elle est complètement voilée. Dans un coin de la tête je soupçonne la casse d’un rayon mais tout est en place. Je téléphone à ma femme qui vient me chercher en voiture. Cette casse de rayon se confirme après un examen plus approfondi une fois de retour au bercail.

Dommage que cette belle journée de vélo s’arrête sur casse matérielle mais c’est comme ça…

Je me suis bien éclaté et surtout c’est une très belle préparation à ce que j’ai prévu pour l’été : un galérien pour ceux qui galèrent.

Et hop un Ventoux

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Ce samedi matin, le réveil ne sonne même pas. Ma femme me réveille et c’est parti pour son objectif 2016 : monter le mont Ventoux !

Nous nous préparons tranquillement pour partir de Visan vers 8h30. Nous prenons la voiture pour nous rendre à Sault, point de départ de l’ascension.

Nous partons un peu après 9h00 et comme toute ascension depuis Sault, ça commence par… une descente. (c’est dur le mont Ventoux Wink ). Oh ça ne dure pas si longtemps que ça et les pentes se rappellent à nous assez vite. Nous montons au rythme de ma femme pendant toute la traversée des champs de lavande jusqu’au début de la forêt.Elodie à l'entrée de la forêt Pour information, la lavande n’a pas encore fleuri !

Là nous décidons de monter chacun à notre rythme. Pour moi ce sera un peu plus vite que ma femme mais pas à fond quand même. Il s’agit juste d’une préparation quand même…

Je monterai donc seul jusqu’au sommet puis redescendrai jusqu’à croiser ma femme ou jusqu’au chalet Reynard si je suis assez rapide. Au final, je monte sans trop forcer si ce n’est dans les 2 derniers kilomètres. En plus, il y avait l’organisation d’un événement par des hollandais qui pour certains essayaient les 3 montées-descentes dans la journée. Cette organisation amène beaucoup de monde et complique une peu l’arrivée. On pourrait se croire à l’arrivée d’une étape du tour de France. Sono, spectateurs,…

A l’arrivée en haut je n’attends pas, je redescends directement. Je remonte la fermeture éclaire du coupe-vent et hop, c’est parti. Il faut être prudent car il y a des voitures, des camping-car, des motos,… qui roulent autour des participants sans prêter attention aux autres usagers de la route. C’est dangereux.

En direction du sommetFinalement je croise ma femme 1km à 1.5km avant le chalet Reynard. Je ralentis et dès que je peux, je fais demi-tour. Je la rejoins et nous finissons la montée ensemble. Je la laisse finir les 100 deniers mètres seules à sa demande pour qu’elle vive pleinement le moment.

L’arrivée est chaotique en raison de l’événement des hollandais. Malgré tout le bruit, le monde et la circulation, nous arrivons à prendre un petit moment de pose pendant lequel nous en profitons pour boire, mettre les manchettes,…

Ensuite nous sacrifions à la tradition avec une photo au pied du panneau du sommet.

Un moment qui compte lorsqu’il s’agit de la première fois qu’on arrive en haut…

Elle est arrivée au sommet en un peu plus de 2h40. Pour une première fois c’est top. Je suis très fier d’elle.

Et à la fin c’est toujours l’estomac qui gagne !

bière

Une bien belle journée où le mont Ventoux s’est fait le plus doux possible pour la première ascension de ma femme. Un Ventoux dans ces conditions, c’est que du bonheur !