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Sortie de préparation à la Corima

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En ce dimanche 6 mars 2016, le temps est prévu au beau avec un vent assez marqué (prévisions : 50-60km/h). Les conditions ne sont pas idéales mais il ne pleut pas et j’ai une échéance dans deux semaines. Ma préparation est ce qu’elle est (pas top mais je ne suis jamais content de toute façon Wink ) mais il faut absolument que je place une grosse, très grosse, sortie (pour moi) avant l’échéance pour pouvoir être en sur-compensation au moment de l’épreuve. C’est donc le moment idéal…

Je pars donc à 7h45 en direction du nord pour aller rouler dans un cadre idyllique : les Alpilles. En plus, en partant comme ça, j’ai le vent dans le nez pendant la première partie du parcours et je ne vous dirai pas où je l’ai pour le retour Wink.

Je prends la traditionnelle porte de sortie vers les Alpilles à savoir Martigues, Istres,…

A la sortie de Martigues, je vois un gars de mon club devant moi. Je le rejoins et il m’indique que les autres attendent à l’endroit habituel. Dans le parcours prévu, je passe par là ! Je vais donc pouvoir profiter du train bleu et blanc et en même temps dire un petit bonjour. Il y a pas mal de monde au point de rendez-vous. C’est cool. Après l’arrivée des derniers, le départ est donné et ça roule trop vite pour la distance que j’ai prévu. Je prends donc les roues sans pointer le bout de mon nez à la fenêtre. Je quitte le groupe à l’arrivée sur Istres. Le club part du côté de Cornillon alors que je vais pointer mon nez au vent du côté de Mouriès. Une dernier mot, un signe et c’est parti pour une route en solitaire. Merci au train bleu et blanc pour l’abri prodigué.

DIrection les Baux de Provence

La ligne droite entre Istres et Mouriès est terrible. Le Mistral souffle de face et je ne sens pas la sueur tellement il me sèche rapidement. Mon compteur affiche même parfois du 12km/h alors que le terrain est plat ou en léger faux-plat en arrivant sur Mouriès. Ensuite je prends direction les Baux de Provence. Des paysages magnifiques et je suis un peu plus abrité du vent. C’est le top. Je m’entraîne dans un cadre magnifique qui fait rêver.Les Baux de Provence

Je découvre les Baux de Provencce. Je suis estomaqué par le panorama.

La photo ci-contre me parait bien triste comparé au paysage que j’ai eu lorsque j’ai basculé pour retourner sur Mouriès. A cet instant je suis sur une Les Baux de Provencceautre planète. Que la nature est belle !!!!

Le temps est superbe et je vois les sommets blancs, la vallée avec les forêts du sud-est de la France. Quel spectacle… Gravé dans ma tête à jamais. La Provence est belle.

Je poursuis ma route vers Mouriès, puis Eyguières. Les kilomètres passent et la progression est plus aisée même s’il faut faire attention lorsque la forêt me protège moins. Lorsque le vent parvient jusqu’à moi, je le prends de côté et il faut être vigilant pour ne pas aller au tapis.

Juste après la bifurcation pour aller sur la pas de figuière une voiture paEn direction d'Eyguièressse à environ 50cm. Il y a déjà eu pire sauf que là, la voiture arrivait en face de moi. Un gros 4×4 blanc qui roulait au dessus des 100km/h facile. Mais qu’est-ce qu’ils ont dans la tête ????

J’arrive à Eyguières tranquillement et je sais qu’à partir de là c’est le retour vers la civilisation et que l’enchantement des routes du sud va s’estomper au fur et à mesure.

Jusqu’à Salon de Provence tout va bien mais comme en voiture, la traversée de Salon de Provence est épique. Voitures, problème de direction, Bus,… Tout ce qu’aime un cycliste Wink !

Une fois cette ville passée, je file vers Cornillon, Saint Chamas puisPremière sortie aux couleurs de Martigues Sport Cyclisme Istres. Je commence à avoir repéré certains passages “obligatoires” et je reviens donc sur des routes connues. À partir de ce moment je sens réellement la fatigue et ça fait du bien d’être sur des routes connues. Les dernières montées le long de l’Étang de Berre sont difficiles et le Mistral dans le dos aide bien. La traversée de Martigues est toujours difficile et je suis extrêmement attentif d’autant plus que la fatigue se fait sentir encore un peu plus. Les aménagements routiers ne sont absolument pas pensés pour la pratique cycliste et certains passages peuvent être mortels pour un cycliste n’ayant pas les idées claires (pour ceux qui connaissent, je parle l’arrivée sur la D5 depuis Saint Mitre les Remparts ou Saint Blaise pour prendre la direction du centre ville sur la gauche).

Je réalise la fin de la sortie au train comme je peux en laissant sur la route le reste de forces qu’il me reste même si à l’arrivée je suis étonné de ne pas m’effondrer immédiatement.

En tout cas, même si l’effort est important, la fatigue présente, je suis très content de l’avoir fait car ça me coupe totalement de ce que je fais la semaine. Un bol d’air à la fin d’une semaine intense. Que du bonheur pour mon premier parcours long (pour moi) de l’année. J’espère pouvoir allonger un peu les sorties lorsque les conditions seront meilleurs car j’aime réellement me retrouver seul au milieu de nulle part et n’avoir que mes seules ressources pour avancer.

Le parcours

Auto-analyse d’un cycliste ou “pourquoi rouler ?”

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interrogationC’est une question qu’on me pose souvent et que parfois je me pose aussi. Et oui, il m’arrive de me demander pourquoi je fais les choses et je remarque que les raisons évoluent au cours du temps.

Cette question est récurrente parmi l’ensemble des blogs et journaux que j’ai l’occasion de consulter.

Nous – les cyclistes – avons quasiment tous à peu près les mêmes réponses. Ça donne des trucs du genre :

Depuis mes débuts, je réponds que j’aime le sport, que de rouler m’apporte beaucoup de plaisir, que ça me calme,…

Tout cela est vrai et peut-être même vécu, assumé,… Mais est-ce réellement LA source réelle de mon envie/besoin de rouler ?

Cette période socialement troublée me fait m’interroger sur les choses importantes de la vie, la profondeur de mes pensées, de mes actions,… En gros qu’elles sont les raisons, les vrais, qui me poussent à vivre, agir. Les choses que je prenais et prends toujours pour acquises sont-elles aussi importantes qu’elles ne me le paraissent et surtout aussi acquises qu’elles ne le paraissent ?

Beaucoup de questions “philosophiques” qui touchent à ce que je suis et aux raisons pour lesquelles je suis et vis comme ça !

Mon éducation

Comme pour chaque homme, mon comportement est conditionné par mon éducation et tous les événements que j’ai pu rencontrer ou vivre lors de mon existence.

J’ai été élevé dans une famille de sportifs où l’effort physique, la constance, le dépassement de soi et le travail constituent des choses importantes, pour ne pas dire primordiales, de la vie. Mes parents considèrent que le sport constitue une école de la vie c’est donc tout naturellement que les valeurs du sport sont miennes aujourd’hui. J’y puise les ressources qui me permettent d’affronter les aléas de la vie, l’énergie nécessaire pour le travail, le calme nécessaire pour éduquer mes enfants,…

Après avoir fait bien des sports (en club, en vacances,…) et avec l’âge je retrouve dans le cyclisme un sport où je peux développer/mettre en pratique toutes les valeurs auxquelles je crois tout en préservant mon physique (le cyclisme n’est pas un sport traumatique).

Ce que je suis

Lorsque j’ai découvert le cyclisme, je pratiquais des sports beaucoup plus violents (au niveau cardiaque, musculairement et plus généralement physiquement). Ces sports me permettaient de  canaliser mon énergie, de me fatiguer, etc…

Ne pouvant plus pratiquer ces sports, j’ai décidé de me mettre au vélo sans savoir si ce sport allait me convenir. Je n’imaginais pas le type d’effort que ça représentait. J’avais l’image du cycliste assis sur la selle qui monte les cols comme une mobylette en tournant les jambes Laugh . Je doutais de trouver un sport où je pourrais me dépenser, défouler,… mais j’ai essayé !

Et bien cela fait maintenant 6 ans que je roule et je ne pense pas que je vais m’arrêter. Le cyclisme me correspond parfaitement. De la constance pour progresser, de la souffrance mais du plaisir dans cette souffrance (je sais c’est paradoxal mais c’est comme ça). J’ai peut-être trouver un sport qui correspond à ce que je suis ?

L’espoir en l’Homme

Rouler m’apporte l’espérance, l’espérance de gravir ce col pour la première ou Xème fois, d’avancer toujours plus loin sur la route mais aussi dans la connaissance de mes limites et étrangement  l’espérance en l’Homme.

Pourquoi ?

Et bien, la route est un monde étrange où la raison du plus fort, ou du plus gros, est bien souvent la règle. Alors oui, l’espérance en l’Homme, en sa capacité à partager (la route), à s’entraider lorsque quelqu’un a un problème. L’espérance que l’Homme sera plus fort que toutes ces mauvaises habitudes que nous avons tous et l’individualisme dont il fait preuve sur nos routes.

Je suis bien conscient que je suis en quête d’un idéal inatteignable. Un homme seul ne peut changer les choses (surtout un cycliste si faible sur la route) mais si personne ne commence, c’est certain que ce n’est pas près de changer !

Alors oui, je prête mes outils, je fais un signe aux autres cyclistes, j’ai une pensée lorsque je passe devant la stèle dédiée à Tom Simpson,… Est-ce pour cela que je suis un fou sur deux roues ou un idéaliste perdu dans la jungle de l’automobile ?

Je pense que le vélo pourrait permettre à la route de retrouver l’humanité là où l’individualisme lié à l’automobile est omniprésent (et peut être aussi réduire un peu le nombre de victimes sur nos routes ?)

Conclusion

Je fais ici une sorte d’introspection afin de savoir pourquoi je fais les choses. Généralement on fait ça lorsqu’on ne va pas bien mais ce n’est pas mon cas. Les événements actuels peuvent pousser à se poser ce genre de questions aussi essentielles que pourquoi nous faisons les choses, qu’est-ce qui est important, etc… ???

Lorsqu’on passe beaucoup de temps sur le vélo, ce sont forcément des questions qui viennent à l’esprit. Pourquoi passer autant de temps à pédaler ?

Une bonne dose de plaisir trouvé dans une activité “sadique” au point d’en avoir mal et en tirer du plaisir… Un fou allez-vous me dire. Peut-être mais un fou qui sait pourquoi il fait les choses et qui va au bout des choses et assume ses choix. Est-ce le cas de chacun ?

Alors si vous cherchez l’essence des choses, la raison qui vous pousse à faire telle ou telle autre chose, venez nous rejoindre sur le vélo et vous verrez que lorsque vous pédalez, qu’en arrivant aux limites de votre physique, de votre mental, vous trouverez des réponses à toutes vos questions.

Vous pourrez peut-être être surpris par ce que vous y trouverez !

Pour en arriver là le chemin est long et l’entraînement est dur mais indispensable et penser un seul instant trouver des réponses dès le premier col ne vous mènera qu’à mettre le vélo de côté en disant que l’auteur du blog ne disait que des cxxxxxxxx !

Persévérez dans un entraînement progressif et vous obtiendrez des réponses. Rejoignez nous, rejoignez ces fous qui roulent le dimanche matin dès que le soleil se lève. Plus nous serons nombreux, meilleur sera le monde Wink !

Au calme…

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Arrivée le 24/12/2014
Arrivée le 24/12/2014

Le climat actuel n’est pas trop au vélo. Les meurtres de Paris divisent notre population française. Il y a ceux qui pensent qu’il faut réagir immédiatement, frapper et frapper fort.

il y a ceux qui disent qu’il faut attendre les décisions politiques.

Je ne souhaite pas choisir. Je souhaite simplement retourner en haut de ce havre de paix qu’est le mont chauve.

La paix ne veut pas dire facile et comme monter en haut de ce fabuleux endroit, le chemin à parcourir pour vivre en paix est long et difficile.

Je suis révolté par de tels actes. Pas surpris mais révolté. Toutefois la chose qui m’importe n’est pas de répondre par la violence mais de simplement protéger ceux que j’aime. Une fois que ce sera fait, alors il sera venu le moment de se poser la question de comment punir ces actes.

La force ?

Peut-être, peut-être pas…

En ce moment je ne souhaite qu’une chose : pouvoir à nouveau monter avec ma famille là haut (en haut du mont chauve) et y trouver la paix. J’espère sincèrement que sortir le vélo suffira et que les armes ne parleront pas même si j’en doute. Que pouvons-nous faire ?

Pleurer nos morts et continuer à rouler, à vivre et défendre (pas forcément par la violence) nos valeurs et nos libertés.

Je demande à tous les dieux du sport qu’ils fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour que les armes se taisent et que les Hommes arrêtent leur folie meurtrière.

Je suis cycliste, je suis père, je suis humain et surtout je suis triste mais j’irai rouler !

Les boules

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VentouxCe matin je me suis réveillé pour rejoindre mon club, le Vélo Club Canéjan.

 C’est une sortie un peu spéciale car mercredi je change de région et c’est donc mes derniers tours de roues en compagnie des cyclistes avec lesquels je sue quasiment tous les weekend.

A l’arrivée au point de ralliement, je rencontre Olivier un nouveau au club qui arrive directement de Guyane. Je lui souhaite la bienvenue et attends les autres compères pour cette sortie.

Nous partons pour une sortie “plate” mais ça roule fort. Entre les gars qui finissent la saison à fond et ceux qui roulent déjà fort car ils préparent la saison de cyclocross, je fais pâle figure. Ils sont obligés de m’attendre malgré une vitesse qui me semble correcte. La préparation du déménagement me prends quand même pas mal d’énergie donc mon impression peut être faussée.

Didier et Bruno jouent aux anges gardiens avec moi et me ramènent chacun leur tour dans le groupe. Je serre les dents et m’accroche sans rien dire. Je suis en dessous du niveau à moi de faire tout ce qu’il faut pour essayer de rester dans le groupe qui m’attend quelle que soit ma vitesse de progression. C’est ça l’esprit VCC !

Plus je roule, plus la gorge se serre. Je regarde mes coéquipiers les uns après les autres et je me dis que je vais les quitter alors qu’ils sont toujours exemplaires avec moi comme avec n’importe quel membre du club. L’air a du mal à passer la gorge et je sens que les yeux me brûlent. Je retiens mes larmes mais l’émotion est grande. Cela me rappelle un peu l’émotion de la première fois où je suis arrivé en haut du mont Ventoux (au niveau intensité). Je suis triste de les laisser mais je suis extrêmement fier de porter les couleurs du club.

Nous arrivons la House et là nous faisons un arrêt comme à la fin de chaque sortie. Nous nous disons au revoir et mes échanges avec Didier et Bruno sont pleins d’émotion où tristesse, joie, respect, gratitude se mêlent. Je remercie particulièrement nos capitaines de route Didier et Bruno (El’ présidente) et Greg pour leur simplicité, leur humilité alors que leur niveau leur permettrait d’écraser pas mal de monde et finalement pour ce qu’ils sont. PutXXX ça fait ChXXX de quitter le club les gars !

Maintenant il va falloir avancer, profiter de tous ce que vous m’avez appris et surtout progresser pour vous mettre dans le vent puis vous attendre à mon tour. On sait jamais ça pourrait arriver lorsque nous serons vieux et sur des chaises roulantes Wink

Voilà, c’est bien moi, la plaisanterie pour cacher mon émotion. Je n’ai qu’un mot pour le VCC

MERCI

Le parcours (anecdotique compte-tenu des circonstances)