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La longue distance

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Quasiment tout cycliste se demande un jour où l’autre ce qu’il considère comme une longue distance.

Les longs parcours m’ont toujours attirés et c’est pourquoi que depuis mes débuts je me suis aussi posé régulièrement la question de ce que je considérais comme de la longue distance.

Cette interrogation prend sa source dans mes lectures où les cyclistes racontent leurs sorties, leurs sensations, leurs plaisirs mais aussi leurs galères.

À une certaine époque (à mes tous débuts) la distance de 50km me paraissait difficile à atteindre. Puis ça a été 80km et ainsi de suite jusqu’à aujourd’hui.

Depuis mes débuts je recule de plus en plus le kilométrage à partir duquel je parle de longue distance. Le sondage publié ici montre que la distance de 200km apparaît comme la distance à partir de laquelle une majorité de cyclistes considère faire de la longue distance.

Il semble donc que selon notre ancienneté et notre niveau de pratique influence grandement la notion de longue distance.

Je classe les épreuves longues distances en deux catégories :

  • avec une limite de temps,
  • sans limite de temps.

Lorsque la limite de temps existe, le dénivelé devient important et “exerce” même une certaine “pression mentale” sur le cycliste. C’est principalement le dénivelé et ses conséquences sur le mental, le physique,etc qui l’empêchera d’atteindre son but…

Lorsque la limite de temps n’existe pas, seul le mental du cycliste a de l’importance. Il faut tenir longtemps sur le vélo, faire fi des douleurs, des conditions météo, etc… Ce sont ces contraintes qui empêcheront le cycliste d’atteindre son but. J’irai jusqu’à dire que si le mental tient alors on continue à avancer (même si c’est lentement, très lentement Wink ).

J’expose ici ma petite expérience du vélo avec tout ce qu’elle contient de subjectivité liée à ce qui fait que je suis moi et pas une autre personne (mes qualités et mes défauts).

Si vous avez un avis quelque peu différent, vous êtes invité à réagir et partager votre expérience.

Objectifs 2017

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maillot martigues sport cyclismeLa saison 2015-2016 est à peine terminée que les idées pour la saison 2016-2017 sont déjà présentes. Les idées mais aussi une inscription est déjà réalisée.

Je pense que la saison 2016-2017 sera un peu comme la celle qui vient de s’écouler. Les distances vont s’allonger et la recherche du plaisir à vélo sera prédominante. Une action pour faire parler de l’association France Parkinson est à prévoir mais cela ne dépend pas que de moi…

Les Cyclosportives
  • Le raid des Alpilles – 108km (à confirmer),
  • GFNY Ventoux – 136km (inscription réalisée),
  • Les bosses de Provence (si ça rigole).
Les sorties hors normes
  • Le mont Ventoux parce que j’en profite Wink !
  • Des raids longs (au delà des 150km peut-être 200km et plus) avec du dénivelé,
  • Une action pour France Parkinson (laquelle ?),
  • Peut-être quelques brevet de randonneur (pas certain).

Bref, je vois cette future saison assez chargée et certainement pleine de sueur, de mal aux jambes mais surtout de plaisir que j’espère partager en famille mais aussi avec certains d’entre vous si nos routes se croisent et bien entendu avec les membres du Martigues Sport Cyclisme.

 

Ventoux – Parkinson, sportivement parlant

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France ParkinsonDernier article sur cet événement important à mes yeux à plus d’un titre. Tout d’abord, je faisais ça pour attirer l’attention sur l’association France Parkinson. Enfin, sur le plan sportif il s’agit d’un effort conséquent qui dépasse largement ce que j’ai l’habitude de faire.

Le premier chiffre qui me frappe, c’est 12h50 sur le vélo pour 17h51 entre le départ et l’arrivée (et oui y’a le repas Wink et les arrêts récupération).

C’est la sortie la plus longue que j’ai jamais réalisé mais je n’ai pas vu passé le temps. L’alternance nuit puis jour a fait que l’organisme s’est adapté et a repris son rythme malgré le manque de sommeil.

Le deuxième chiffre est 6000m de dénivelé. Là encore je n’avais jamais réalisé ça. Pour moi, c’est un dénivelé d’extraterrestre mais c’est avec un mental de fou que j’ai pu le faire !

Sur ces 6000m, ma vitesse moyenne a été de 8.2km/h. Je suis assez surpris car les deux dernières montées ont été laborieuses mais les chiffres sont là. Je suis assez satisfait même si le sportif que je suis demande encore plus de vitesse, plus de distance, plus de dénivelé,…

La vitesse moyenne sur l’ensemble du parcours est tout de même assez basse : 13.9km/h. Heureusement que les descentes de jour ont été assez rapides pour relever la moyenne.

Le chiffre qui me surprend le plus se situe au niveau de la cadence de pédalage. J’arrive à un 50tpm de moyenne. Une belle performance pour moi.

Pour moi, de belles performances sportives sur un terrain qui ne fait que monter et descendre et une durée assez longue.

J’en retire de gros enseignements sur l’hydratation, l’alimentation mais aussi mes limites sur un vélo.

Une belle expérience pour une belle cause !

Le parcours avec Strava

Le parcours avec Garmin Connect

Ventoux – Parkinson, acte 4

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France ParkinsonLe jour s’est levé et la descente s’effectue à bon rythme. Mon guide connaît bien la route et les virages s’enchaînent facilement. Je prends énormément de plaisir à enchaîner les virages, les freinages. Pas de relance pour moi en sortie de virage lorsque la vitesse a beaucoup réduit. Je pense à récupérer pour la suite car à ce moment j’envisage la réalisation d’une quatrième montée.

Au fur et à mesure de la descente deux choses me frappent. La chaleur devient de plus en plus présente et le nombre de cyclistes qui montent augmente au fur et à mesure de ma descente.

Finalement, j’arrive à Bédoin avec 30 minutes d’avance sur l’horaire prévu. Je prends la direction de l’hôtel, range de vélo et retour à la chambre pour prendre une douche, me changer et surtout manger un bon petit-déjeuner. Aux dires de ma femme, j’ai vraiment une sale tête en arrivant. Après la douche ça va un peu mieux…

Au petit-déjeuner, je pensais réellement manger comme un ogre. Ce ne fut pas le cas. J’ai bien mangé mais pas autant que ce que j’avais imaginé. Oeuf, lait, céréales, viennoiseries, thé, jus d’orange et pain beurré. Il ne m’a manqué que du jambon ou du bacon qui m’attendaient mais l’envie n’était pas là. Peut-être la masse d’efforts consentis ?

Nous rangeons les affaires dans la voiture afin de pouvoir libérer la chambre à l’heure puis nous nous équipons ma femme et moi. La chaleur commence à être très présente et nous partons en direction du sommet un peu avant 10h. Je vois les autres cyclistes fringuant et moi je suis à l’agonie dès les premières pentes. Je me mets dans leur tête un instant et je pense qu’ils n’imaginent pas que je réussisse à me hisser au sommet.

Arriver à l’épingle à cheveux de Saint Estève n’est pas facile. Je vous laisse donc imaginer ce qu’il se passe dans ma tête. Je connais bien, très bien la suite…

Je prends un rythme, mon rythme et essaie d’oublier la fatigue, le manque de sommeil et les douleurs, les raideurs qui m’assaillent. Je m’aperçois que j’ai pas mal géré l’hydratation car je n’ai aucune sensation annonciatrice de crampe.

La montée n’est pas rapide, entre 6 et 7km/h mais elle est régulière et les jambes tournent d’une manière que je juge normale. Dans la montée, nous sommes dépassés d’abord par mes parents qui montent au chalet Reynard puis par ma belle famille. Ceux-ci ont l’habitude de la région et profitent des quelques espaces où il est possible de garer les véhicules pour s’arrêter et nous encourager et prendre quelques photos.

Ventoux Parkinson - la montée
Ventoux Parkinson – la montée
Ventoux Parkinson - la montée
Ventoux Parkinson – la montée

Ma femme trouve la montée difficile mais tient. C’est la première fois qu’elle tente l’ascension !

Nous souffrons énormément. La pente, la chaleur mais la volonté est toujours présente pour moi et ma femme est sur-motivée. Nous arrivons finalement au chalet Reynard où tout le monde nous attend.

Ventoux - France Parkinson
Ventoux – France Parkinson

Nous faisons un arrêt pour rencontrer tout le monde, récupérer un peu et prendre la pose devant les affiches France Parkinson.

Arrivée au Chalet Reynard à bout de forces
Arrivée au Chalet Reynard à bout de forces

Petit pause devant la banderole France Parkinson

Petit pause devant la banderole France Parkinson

Nous en profitons pour reprendre quelques forces avant d’aller à l’assaut du sommet. Un cycliste n’abandonne pas !!!!

Ravitaillement au Chalet Reynard - France Parkinson
Ravitaillement au Chalet Reynard – France Parkinson

Nous repartons en direction du sommet en essayant de faire bonne figure et surtout en ayant repris une bonne dose de motivation.

Chalet Reynard - France Parkinson
Chalet Reynard – France Parkinson
Chalet Reynard - France Parkinson
Chalet Reynard – France Parkinson

Cette partie de la montée est normalement plus facile que ce que nous venons de faire mais les kilomètres commencent à peser dans les jambes. Nous craquons physiquement à tour de rôle mais le mental et l’envie d’aller au sommet sont là, bien présents.

Nous passons devant les photographes qui ont pris leurs quartiers d’été depuis un bon moment pour réaliser la photo souvenir de tous ceux qui ont monté le mont chauve. A chaque passage devant les photographes, je fais bonne figure et indique le chiffre 4 avec mes doigts. Il y a même un gars qui me sors un “taré” (admiratif) lorsque j’annonce ce chiffre. Je souris et continue mon ascension.

Ma femme est bien mieux que moi et je m’accorde une pause au dernier virage avant le sommet juste après le dernier photographe. Elle en profite pour passer devant moi et finalement j’arrive avec environ 5 minutes de retard sur elle mais l’important n’est pas là.

A l’arrivée, pris entre fatigue (épuisement ?), joie et fierté je lâche quelques larmes dans mes mitaines. J’embrasse ma femme. C’est une très belle performance pour elle aussi. Une première fois au sommet du Ventoux via Bédoin, ça compte énormément.

Au sommet du Ventoux - France Parkinson

Nous redescendons ensuite tranquillement au chalet Reynard pour manger. Une belle descente sans vent.

Nous prenons la pause devant la banderole France Parkinson pour marquer l’événement.

Ventoux - France Parkinson
Ventoux – France Parkinson

J’ai réalisé ces quatre montées pour montrer mon soutien à l’association France Parkinson, aux malades et ceux qui les aident au quotidien !

Le dépassement de soi, c’est tous les jours pour les malades !!!

Chalet Reynard - France Parkinson
Chalet Reynard – France Parkinson

Et maintenant place au repas !

Chalet Reynard - France Parkinson - Le repas
Chalet Reynard – France Parkinson – Le repas

Ventoux – Parkinson, acte 3

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France ParkinsonJ’entame donc la descente sur Sault plein d’angoisse et d’appréhension même si je sais que cela réduit mon potentiel énergétique. Je n’y peut rien !!!

Dans la première partie de la descente (jusqu’au chalet Reynard), la visibilité est bonne et il fait assez clair. Cela me permet d’atteindre une vitesse honorable même si je continue à me restreindre pour pouvoir m’arrêter à n’importe quel moment. Après le chalet, la descente se fait beaucoup plus douce et parfois même il faut pédaler. Au fur et à mesure de la descente je m’enfonce dans la forêt. L’obscurité se fait de plus en plus présente  autour de moi et m’oblige à réduire encore plus ma vitesse.

A un moment, les animaux (des biches je pense) me font une grosse frayeur. A mon passage, cela coure dans les bois à côté de moi, ils doivent être effrayés par le bruit du vent dans les rayons. Malgré mes cris, les bruits se dirigent vers la route un peu devant moi. Je redouble de cris et enfin les bruits s’éloignent de la route. Ouf, j’ai bien cru qu’ils allaient me boucher l’unique porte que sortie que j’ai dans un tel endroit : la descente.

Je finis ma descente tranquillement malgré le froid qui me saisit lorsque je sors de la forêt. Il fait encore bien nuit et une légère baisse des températures annonce une aube naissante.

Ceux qui sont déjà passés par là connaissent la petite montée à l’arrivée sur Sault. Et bien elle passe facilement alors que j’ai le souvenir d’un grosse peine en 2013. Mon arrivée, Sault me laisse l’impression d’un village mort. Des bruits bizarres mais pas un mouvement, pas âme qui vive. Il faut dire qu’il est tôt.

Je m’installe sur un banc au milieu de la place pour me reposer un peu, manger, changer les piles de la lampe frontale. Le temps de faire tout ça me prend environ 10 minutes mais je resterai finalement 10 minutes de plus pour me reposer un peu. Je m’en veux car ce sont des minutes précieuses mais le repos l’est aussi. Je n’ai pas encore l’habitude de gérer de tels sorties et dans la tête il s’agit de “brider” un cerveau qui voudrait aller plus vite, plus loin car le corps demande du repos. Je n’avais encore jamais connu un tel sentiment. Je pense que là encore j’ai dépensé un peu d’énergie à maîtriser mes sentiments.

J’entame donc la montée avec peu d’énergie et une grosse fatigue. La nuit a été longue mais le mental est là. Au fur et à mesure de la montée je vois le jour se lever et sens la température descendre puis augmenter avec l’arrivée du soleil. Je suis extrêmement fatigué au point de devoir faire un arrêt avant le chalet Reynard.

Montée depuis Sault

J’en profite pour enlever la Gore Tex et manger un peu. A ce moment je m’aperçois que j’ai de l’eau au fond de l’estomac. Je connais cette sensation où il est impossible de boire, manger malgré la déshydratation. Pour faire passer ça je me force à avaler un gel énergétique de manière à changer le niveau d’acidité de l’eau dans l’estomac et manger un bout d’une barre de céréale.  Cela va mettre du temps à passer mais normalement ça devrait me permettre de faire passer cette mauvaise sensation.

J’arrive à me hisser au niveau du chalet Reynard. Je n’ai encore jamais trouvé cette montée aussi difficile et c’est à ce moment que je réalise qu’il me sera impossible de faire 6 montées. Pas grave, je continue au moral et la cause que je défends en vaut la peine. Après une petite pause, je m’arrache (c’est bien le terme) pendant environ 1 heure pour faire les derniers 6 kilomètres.

Avant d’arriver en haut, je suis doublé par un cycliste équipé entièrement Etixx-Quick Step. Le gars roule environ à 20km/h à cet endroit et facilement en plus. Nous échangeons quelques mots en français et en anglais puis il me dépose. Je ne sait pas qui était ce cycliste mais pour monter à cette vitesse en étant parti de Bédoin, il y a du niveau…

Sommet Ventoux
Sommet Ventoux

Au sommet je m’habille car il ne fait pas si chaud que ça et avec le vent relatif, ça va faire frais Wink !

Je pars juste derrière un autre cycliste qui sur la photo ci-dessous se prépare aussi à la descente. Il m’annonce une expérience de 40 montées du mont chauve. Je décide de le laisser passer devant et regarder à distance ses trajectoires et m’en inspirer.

Sommet Ventoux

Grace à lui je réalise une bonne descente et j’arrive à Bédoin avec 1/2 heure d’avance sur l’horaire prévu. Par contre le niveau de fatigue est grand et le manque de sommeil se fait sentir.